Les amateurs de symbole ont de quoi se réjouir. Mis sur le banc de touche au Losc, Ludovic Obraniak n'aurait pas dû débuter ce match hier si les dirigeants bordelais avaient accepté la requête de leurs homologues lillois. Ils auraient vraiment eu tort, vu le rôle prépondérant joué par l'international polonais dans cette rencontre au scénario complètement incroyable. Après avoir mené (1-4), les Bordelais ont vu les Lillois les rattraper en toute fin de match. Avant que le gaucher, auteur d'un doublé et excellent dans son rôle de milieu axial, ne vienne crucifier ses anciens partenaires dans les arrêts de jeu (4-5).
« Envie de montrer
qu'ils avaient eu tort »
« C'était intense au niveau des émotions. ça m'embête que ça tombe sur eux, mais j'avais envie de montrer qu'ils avaient eu tort de ne pas m'avoir fait confiance. Même si je n'avais rien à prouver à qui que ce soit, si ce n'est à moi-même et à mon nouveau club. » « C'est souvent comme cela, appuie son entraîneur Francis Gillot. On dirait que le sort a fait exprès que les choses se passent ainsi. »
Le Losc se serait pourtant bien passé de ce dernier cadeau de départ, notamment Rudi Garcia peu prolixe devant la presse sur la présence de son ancien joueur au coup d'envoi. « J'aurais eu beaucoup à dire sur le fait qu'Obraniak a joué si on avait gagné. Je ne préfère pas m'exprimer sur le sujet », glisse le technicien lillois. « Rudi ? Il me connaît, tant pis pour lui, estime l'intéressé que son retour dans le Nord n'a pas laissé indifférent. « Je suis content de partir assez rapidement. Ce match-là arrivait trop tôt, j'ai encore beaucoup d'affinités avec certains joueurs ici. Je ne savais pas comment ça allait se passer mais quand je vois le résultat, je me dis que j'ai bien fait de venir. » Il ne trouvera personne pour le contredire. A Bordeaux, en tout cas.
Les hommes de Francis Gillot ne retrouveront le centre d'entraînement du Haillan que mercredi, après deux jours de repos accordés par le staff.