Un racket qui passe de l'ombre à la lumière. Le tribunal correctionnel de Marseille examine à partir de ce matin le cas de Jacques Mariani, qui devra répondre de plusieurs extorsions de fonds et de recel d'abus de biens sociaux. Depuis la prison de Saint-Maur (Indre), le fils de Francis Mariani, grande figure du banditisme corse assassiné en 2009, aurait organisé entre 2006 et 2009, un important réseau de racket visant des boîtes de nuit et des restaurants d'Aix. Les enquêteurs s'étaient penchés sur son cas à la fin 2008. Condamné à quinze ans de réclusion pour l'assassinat de Nicolas Montigny, à Bastia, en 2001, l'homme âgé de 43 ans bénéficie en prison d'un « argent de poche conséquent ». Ses proches auraient ainsi effectué pendant plusieurs années des prélèvements importants dans des établissements de la région aixoise avant de les lui faire parvenir dans sa cellule via des mandats. Une affaire qui rappelle le système d'extorsion de fonds utilisé par la bande de la Brise de mer ou par les malfaiteurs interpellés la semaine dernière dans la région marseillaise (lire l'encadré). Le hic : les victimes sont revenues sur leurs déclarations au cours de l'enquête. « Il a demandé à des amis de le soutenir alors qu'il était en prison, explique Me David Metaxas, l'avocat de Mariani. D'ailleurs, pendant les confrontations, ils plaisantaient ensemble. » Le procès, placé sous haute surveillance, pourrait durer plusieurs jours.
Une dizaine de personnes soupçonnées d'appartenir au grand banditisme corse ont été déférées vendredi devant un juge marseillais pour une mise en examen dans le cadre d'une enquête sur des faits de racket a précisé le procureur phocéen.