Des cinémas, des cafés, des magasins... En tout, plus d'une dizaine de bâtiments étaient en feu hier soir dans le centre d'Athènes. A l'origine de la colère de la rue, un nouveau plan de rigueur exigé par l'Union européenne et le FMI que le Parlement grec devait adopter cette nuit. Le vote de ce plan conditionne l'octroi d'une aide de 130 milliards d'euros à la Grèce avant le 20 mars, afin de lui permettre de rembourser un emprunt d'Etat de 14,5 milliards d'euros. Ce plan prévoit une réduction supplémentaire des dépenses publiques, de l'ordre de 3,3 milliards d'euros, avec notamment la baisse de 22 % du salaire minimum, la suppression de 15 000 emplois publics et de nouvelles coupes dans certaines pensions de retraite.
La volonté de résister
Des mesures draconiennes accueillies difficilement par certains députés. Une vingtaine d'entre eux ont menacé ces derniers jours de voter contre le texte et six membres du gouvernement ont d'ores et déjà présenté leur démission. Mais le Premier ministre, Lucas Papadémos conserve, théoriquement, le soutien d'une large majorité. D'autant que le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, n'a pas hésité à agiter le chiffon rouge en déclarant : « Si la loi n'est pas adoptée, le pays ira à la banqueroute. » Et le Premier ministre d'en rajouter une couche en mettant en garde contre le risque de « chaos économique » en cas de rejet. Le peuple grec, qui ne veut plus payer pour les erreurs politiques commises ces dernières années, a aussi vivement réagi à ce nouveau plan d'austérité.
Des dizaines de milliers de manifestants se sont d'ailleurs rassemblés hier devant le Parlement à Athènes pour dénoncer ce qu'ils qualifient de « diktat de l'Europe ». A l'extérieur, les 6 000 policiers mobilisés ont tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants. Les affrontements se sont poursuivis dans le centre de la capitale tard dans la soirée. Delphine Bancaud