Ce surplus de sodium intoxique les rivières, la vie aquatique et les végétaux. «Si la plupart des organismes aquatiques (flore comprise) se sont adaptés […], certaines espèces restent vulnérables face à ce stress polluant, ce qui peut engendrer des perturbations et une fragilisation des écosystèmes les plus sensibles», informe une étude du Sétra, le Service d’études sur le transport, les routes et leurs aménagements.
À plus long terme, le sel rend fragiles les plantes et les animaux. Au Canada, on considère qu’il est la principale cause de la disparition d’espèces locales, comme le saumon et certains amphibiens. De plus, les fondants transportent souvent des métaux lourds (cadmium, chrome, nickel, cuivre, plomb et zinc) présents sur les routes, en raison de l’usure des pneumatiques, des plaquettes de frein, de la carrosserie, etc. C’est pour cette raison que l’on vous recommande de nettoyer votre voiture après la saison hivernale, car le sel attaque non seulement la peinture, mais aussi le châssis. Il est si corrosif qu’il irrite également les animaux de compagnie. N’oubliez donc pas de rincer leurs pattes à l’eau!
Malheureusement, aucune loi n’encadre encore son utilisation en France, alors qu’elle a augmenté de 70% en trente ans! Ainsi, au cours de l’hiver 2010-2011, deux millions de tonnes (soit 200 000 camions de dix tonnes) ont été déversées dans la nature. Les alternatives? Pas convaincantes! Le sable antidérapant obstrue, au moment de sa dispersion, le réseau d’assainissement. Les copeaux de bois – dont la production nécessite beaucoup d’énergie – se gorgent d’eau lors du dégel et, une fois regelés, peuvent devenir glissants et dangereux. D’où l’intérêt de l’innovation proposée par la société SnowFree qui réduit de 70% l’usage du sel en le mélangeant avec des résidus de pressurage de raisins, des déchets totalement biodégradables. Des tests sont effectués à grande échelle, cet hiver, chez nous.