Quand les enfants ont le droit de jouer au docteur. Depuis hier, l'école de médecine Warembourg du CHR de Lille a rouvert sa spécialisation « nounoursologie ». Voilà huit ans que des étudiants en médecine mettent en place, chaque année, l'hôpital des nounours, un projet qui se décline désormais un peu partout en France. « Il s'agit de sensibiliser les enfants au monde de la santé pour réduire leur angoisse du milieu hospitalier et des blouses blanches », explique Charlotte Jean-Bart, étudiante en 3e année de médecine et pilote du projet lillois.
Ausculter le doudou
Jusqu'à mercredi, les élèves de maternelles de huit écoles volontaires vont donc faire ausculter leur doudou. « Qu'est ce qu'il a ton nounours ? », demande l'étudiante en blouse blanche. « Il est tombé, il s'est cassé le bras », répond la fillette en secouant la patte de sa peluche, comme pour se convaincre. Direction le bloc opératoire où Lucille va « réparer à l'intérieur ». Pourtant, aucune peluche ne sera abîmée lors de ce jeu de rôle. « Pas question de les ouvrir pour opérer », précise Charlotte Jean-Bart. D'autant que, pour certains enfants, l'expérience peut se révéler traumatisante. « Une élève qui a déjà connu l'hôpital n'a pas souhaité venir », raconte Yasmine Lefèvre, directrice de l'école Jeanne-Godart à Lille-Sud, habituée à participer à cet hôpital des nounours depuis quatre ans.
Au gré des différents stands (dentaire, orthophonie, sage-femme...), chaque enfant se familiarise avec le vocabulaire de la médecine. Mais l'apprentissage vaut aussi pour certains étudiants médecins. « C'est une première approche avec les enfants, avoue Linda Abès, en 2e année de médecine. Au début, on ne sait pas trop comment leur parler. »Nounours peut témoigner.