Louis est ce que l'on appelle un ancien de la rue. « Ça fait belle lurette que je traîne un peu partout dans la région, précise-t-il. Généralement, je suis en CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale). Là, j'étais au foyer Ozanam mais j'ai été mis à pied une semaine. La seule solution que j'avais était à Pont-de-Beauvoisin. Ça fait loin, donc je suis venu ici vendredi dernier. » Ici, c'est le gymnase Vieux-Temple. Mis à disposition par la Ville de Grenoble, le lieu a été ouvert lors du passage au niveau 3 du plan hivernal, décidé par la préfecture. Depuis jeudi dernier, de 50 à 60 personnes y dorment chaque soir dans l'un des lits de camp ou tentes fournis par la Croix-Rouge.
Peu de rotations
« Les gens sont orientés ici par les maraudes ou le 115 et peuvent arriver à toute heure, explique Pascal Caluori, directeur de l'Arepi, gestionnaire du lieu. On assure avant tout le gardiennage. Pour le reste, notamment la nourriture, on reçoit l'aide de la Croix-Rouge ainsi que du resto ‘‘Le 5'', qui a proposé spontanément de donner de la nourriture. » La majorité des sans-abri sont là depuis plusieurs jours : « il y a peu de rotations. » Si tout le monde est accepté - familles ou hommes isolés -, « beaucoup sont déboutés du droit d'asile, souvent des Roms qui vivaient dans des squats. » Parmi eux, Matic, Kosovar, est « arrivé samedi avec sa famille. Avant, on devait dormir à l'hôtel mais c'est cher : au moins 39 € ! » Matic est pourtant inquiet : « Qu'arrivera-t-il quand il fera moins froid ? »
La préfecture a ouvert quatre lieux d'hébergement d'urgence après le passage au niveau 3 du plan hivernal : trois dans l'agglomération (à Grenoble, Fontaine et Echirolles) et un à Bourgoin. Le gymnase Vieux-Temple accueille tous les publics, le site de Fontaine les hommes isolés et celui d'Echirolles surtout les familles.