La maternité de Saint-Antoine s'est éteinte

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Publié le 10 février 2012.

Santé Les femmes du Sud-Est parisien devront désormais accoucher à Trousseau ou à Tenon

En blouses blanches et écharpes, malgré le froid, le personnel était rassemblé devant la maternité de l'hôpital Saint-Antoine (12e), hier. Des portes qui resteront closes à partir d'aujourd'hui. Les futures mamans seront réorientées vers les hôpitaux Trousseau (12e) et Tenon (20e). « Nous réalisions 2 500 accouchements par an, rappelle Régine Linard, infirmière et déléguée CGT. Seuls 1 300 seront repris à Trousseau et 600 à Tenon. Où iront les autres ? Peut-être dans des cliniques privées. » Le personnel est notamment inquiet pour les urgences obstétricales. « La semaine dernière, Trousseau nous a encore envoyé des patientes car ils étaient complets », rapporte Régine Linard. Pour Mireille Faugère, directrice générale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), la réorganisation n'entraînera aucun désagrément pour les patients. « Il y a assez de places à Trousseau et Tenon pour accueillir tout le monde, assure-t-elle. Et la nouvelle maternité de Port-Royal (14e) ouvre la semaine prochaine. »

Le personnel ému
La fermeture de la maternité de Saint-Antoine, qui fait partie du plan de restructuration de l'AP-HP engagé en 2010, entraînera la suppression de 45 emplois. Le personnel restant sera affecté à d'autres services ou d'autres hôpitaux. Hier, quelques professionnels, qui travaillaient là depuis vingt ou trente ans, écrasaient une larme. « C'est malheureux de fermer un service qui tournait bien pour faire des économies, déplore Aurélien, aide-soignant. Je ne veux pas aller dans un hôpital où on travaille comme à l'usine. » Sonia, infirmière, regrettera aussi « une maternité familiale, appréciée des patientes. Et puis on accueillait toutes les femmes, parfois des SDF. Je crains qu'elles ne soient refusées dans d'autres hôpitaux. »
Un centre d'IVG disparaît lui aussi dans la bataille. « Si les temps d'attente s'allongent, des femmes risquent de dépasser les délais légaux d'avortement », s'alarme Régine Linard. « Les centres d'IVG de Trousseau et Tenon vont monter en puissance » pour compenser, certifie pour sa part Mireille Faugère.

Hélène Colau
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