Mireille Dumas n'a qu'à bien se tenir, Gustave Kervern sort Petits moments d'ivresse (Le Cherche Midi), livre d'entretiens intimes et vraie leçon d'interview-confession.
Avoir un angle (déboucher)
Je leur ai demandé de me raconter leur première cuite. C'est un sujet tabou mais, étrangement, ils ont été favorables à la démarche. Le rapport à l'ivresse ramène à la famille, à l'enfance, ça réveille des failles. Ce sont des biographies sous le prisme œnologique.
Mettre l'interlocuteuren confiance (chambrer)
Je suis timide, ça rassure. J'ai aussi l'image du Grolandais, le bon gars sympa qui ne cherche pas des scoops scabreux.
Etre soi-même en confiance (tenir son verre droit)
J'ai commencé par Depardieu, que je connais assez bien. Bon, c'est pas un exploit de lui faire parler de picole, mais ça m'a mis en confiance pour la suite.
Se préparer (grignoter avant)
J'arrivais avec une quarantaine de questions et une bonne connaissance de la vie de mon interlocuteur. Une question de conscience professionnelle.
Eviter le copinage (varier les cépages)
J'étais content que des gens que je ne connais pas, comme Benjamin Biolay ou Amélie Nothomb, acceptent. Sara Forestier aussi, même si elle ne boit pas…
Aller plus loin (entre deux gorgées)
Le livre aborde aussi l'histoire des arts à travers l'ivresse et les grands buveurs, Dali, Breton, Cassavetes…
Travailler à deux (trinquer)
On s'est partagé avec mon épouse, Stéphanie Pillonca. Heureusement, car pour un timide comme moi, c'était une souffrance de faire ces interviews.