On les appelle bien malgré eux les décrocheurs. Trente étudiants, âgés de 18 à 21 ans, ont effectué hier leur rentrée des classes à l'IUT Robert-Schuman d'Illkirch, pour un cursus scolaire inédit en France. Tous font partie d'une section spéciale, créée l'an dernier à Strasbourg et destinée à réconcilier les élèves, en échec scolaire ou mal orientés, avec le monde universitaire. « Il y a ceux qui se sont trompés de voie et ceux qui ne réussissent pas et sèchent les cours. Pour éviter qu'ils abandonnent trop tôt leurs études, on leur propose un programme sur mesure pour leur redonner confiance dans le travail et les rendre plus autonomes », explique Sophie Kennel, responsable de ce Diplôme universitaire, baptisé “Tremplin réussite”.
25 h de cours par semaine
Parmi ces étudiants, il y a Hadrien, 19 ans, et Fanny, 21 ans. Tous deux reconnaissent avoir été déçus par le choix de leur filière : « J'étais en fac d'histoire, mais je me suis vite aperçu que je ne voulais pas travailler dans l'enseignement, mais plutôt dans l'image ou la pub. Au lieu de perdre mon temps, j'ai préféré intégrer cette classe pour continuer à étudier et valider mon année », explique le jeune homme. À raison de 25 heures de cours par semaine pendant six mois, c'est l'occasion pour certains de remettre le pied à l'étrier universitaire. Fanny, elle, s'embêtait sur les bancs de la fac : « Je n'allais qu'aux cours qui m'intéressaient, je n'étais même plus capable de faire mes devoirs. J'ai voulu rebondir et retrouver mes moyens », estime-t-elle. Selon eux, le décrochage universitaire s'explique par l'absence d'une « orientation personnalisée » à la sortie du lycée. « Combien d'étudiants s'aperçoivent qu'ils se sont trompés de filière en cours d'année ? On doit être mieux orientés », confient-ils. Dans cette section, pas de cours dans des amphis bondés, mais en petit groupe, selon quatre axes de travail : méthodologie, culture générale, projet étudiant et enseignement du droit, de l'économie, de la sociologie, de lettres et de langues.