L'impact de la vague de froid sur l'économie commence à se faire sentir. Les températures sibériennes mènent la vie dure aux salariés obligés de travailler à l'extérieur, comme dans le BTP. De nombreux chantiers sont à l'arrêt, confirme la Fédération française du bâtiment.
Potages et chocolats
Le secteur a mis en place un système de chômage-intempéries, qui rémunère les employés en arrêt de travail à hauteur de 75 %. Le dispositif avait coûté 109 millions d'euros en 2011 à la profession, auquel il faudra rajouter les éventuelles pénalités de retard dans le cas où les ouvrages ne seraient pas livrés à temps.
Pour Jean-Louis Bertrand, professeur de finance à l'Essca d'Angers, la vague de froid a d'abord des coûts « insidieux ». Un exemple : « Les gens sortent moins le soir. Les cafés et les restaurants en pâtissent. » Selon ses calculs, 70 % des secteurs sont météo-
sensibles. Un quart du PIB peut être potentiellement détruit en cas d'anomalie climatique, soit 400 milliards d'euros.
Les frimas de l'hiver n'épargnent pas non plus les prix des légumes. Pommes de terre, carottes, poireaux : les produits de plein champ sont moins nombreux et dans le même temps, les clients se ruent dessus. D'où une très légère augmentation de leurs prix, même si ceux-ci restent moins élevés que l'an dernier à la même période. Plus globalement, les consommateurs ont profondément modifié leurs habitudes. Selon Metnext, filiale de Météo France, les ventes de potages ont bondi de 27 % depuis lundi. Les boissons chaudes ne sont pas en reste avec les poudres chocolatées (+ 15 %) et le café (+ 12 %).
Les particuliers doivent aussi s'attendre à une envolée de leur facture de chauffage, alors que la consommation électrique a bondi de 16 %.
Pour se réchauffer, les clients se précipitent aussi sur les vêtements chauds. Doudounes, écharpes, bonnets… Tout est bon pour se protéger du froid. Du baume au cœur pour les professionnels du textile qui avaient connu un hiver et un été 2011 difficiles, soldant à grands frais une part importante de leurs stocks.