Agenoux sous la serre, Eric Bocel et sa femme récoltent la mâche à la main. « Une fois bien habillés, on ne ressent plus trop le froid. Mais c'est vrai qu'en ce moment, on ne traîne pas le soir ». A la tête d'une exploitation maraîchère à Pacé, le couple doit faire face à la vague de froid. « Lui travaille sans gant. J'avoue que moi j'ai les mains congelées », confie discrètement sa compagne. Outre les conditions difficiles de travail, les maraîchers doivent veiller à la bonne santé de leurs légumes. « Pour les tomates, nous sommes obligés de chauffer la serre à 15 °C. Pour les salades, on s'efforce simplement de maintenir à 0 °C. Quand il fait - 2 °C, c'est facile mais quand on descend à -10 °C comme vendredi, c'est plus compliqué », témoigne Eric Bocel. Le maraîcher estime que ce mois de février lui coûtera « 50 % plus cher que l'an dernier » en énergie. « C'est considérable, surtout parce que le coût du chauffage a grimpé de 23 % en deux ans ».
Carottes congelées
Les prévisions météo ont tout de même permis à Eric d'anticiper la vague de froid. « On a ramassé tout ce qu'on a pu avant que les températures ne soient négatives. On a quand même perdu quelques carottes qui étaient restées dehors », explique le maraîcher. Seuls les poireaux et quelques navets restent à l'air libre. « On les couvre d'une bâche pour éviter qu'ils ne soient gelés quand on les ramasse ». En cas de grand froid, le maraîcher doit aussi chauffer ses étals sur les marchés. « On recrée une petite serre pour garder nos salades à température. Si elles gèlent, elles sont invendables ». Et à en croire Eric Bocel, la météo ne refroidit pas que ses légumes. « On voit moins de monde sur les marchés. A Pacé le mercredi on a beaucoup de femmes avec leurs enfants. On les voit moins. Heureusement qu'aux Lices, la fréquentation reste correcte. » D'après les prévisions météo, le froid devrait rester encore quelques jours. « On préfère l'avoir en février. Car en décembre, il nous reste beaucoup de légumes en extérieur ».
Terre riche en légumes d'hiver, la Bretagne et son climat tempéré voient augmenter les cours des poireaux, choux-fleurs, carottes ou endives. Le froid empêche les autres régions de France de produire et l'offre est moins abondante. Mais comme la demande reste forte, les prix augmentent. Les producteurs espèrent ainsi compenser les pertes du début de l'hiver.