A bord du Saketa, une péniche de 95 mètres de long, dont on vient de remplir les cales de céréales, les membres de l'équipage se préparent à une manœuvre délicate. Le bateau, pris dans les glaces du port autonome de Strasbourg, refuse d'avancer. « La couche de glace est trop épaisse pour qu'on puisse bouger d'un centimètre », nous lance depuis le pont un des équipiers. Impuissant, il faudra l'intervention d'un brise-glace pour remorquer la péniche et tracer une voie d'eau sécurisée. « On doit faire plusieurs passages pour casser la glace et éviter qu'elle ne se reforme trop vite », explique Thierry Pedro, le capitaine du Rhin. Depuis dimanche, il sillonne les 200 hectares du site pour éviter une paralysie du trafic portuaire. « On compte entre 15 et 20 bateaux chaque jour, précise Pascal Fournaise, le directeur technique du port. Leur circulation ne doit pas être gênée par la glace. Mais avec le froid, son épaisseur atteint par endroits les 15 cm. On attend donc avec hâte le dégel. »
Période de gel croissante
Dans certains canaux du département, la couche de gel empêche toute sortie des brise-glace et toute navigation. Elle est d'ailleurs interdite jusqu'à nouvel ordre, forçant les péniches à rester à quai. « On est en période de gel, dite croissante. La circulation sera autorisée une fois cet épisode terminé », annonce Jean-François Grasser de Voies navigables de France (VNF). Des mesures d'entretien ont aussi été prises pour dégeler les écluses.
Selon les Voies navigables de France (VNF), une douzaine de péniches, transportant du matériel attendu sur les chantiers d'extension de la LGV Est, sont en ce moment arrêtées dans le Bas-Rhin et en Moselle, à cause de la glace. Neuf d'entre elles sont bloquées à Lutzelbourg et une autre à Saverne. Seule solution, l'attente du dégel.