Le tribunal lui épargne un traitement de choc. Grégory, 36 ans, était jugé hier à Marseille dans le cadre d'une affaire de contrebande de médicaments au Vietnam sous couvert d'association humanitaire. Ce Marseillais d'origine vietnamienne a écopé de 50 000 € d'amende et de dix mois de prison avec sursis, sans inscription au casier judiciaire.
« J'ai pris des libertés »
Pourtant, au moment où l'affaire éclate en 2007, de nombreux éléments laissent penser aux enquêteurs qu'ils se trouvent face à un trafic international. Depuis 2005 et la création de son association Solidarité Santé (Solisan), Grégory récolte des médicaments non utilisés auprès des pharmacies de la région, puis les envoie deux fois par mois via des colis de 10 kg à un pharmacien d'Hô-Chi-Minh. Objectif : pénétrer le marché via l'humanitaire pour pouvoir ensuite faire de la vente de pilules en gros grâce à Interpharm, société lui appartenant. Le hic, c'est que le jeune homme ne possède pas l'agrément nécessaire à ce type d'activité, d'autant qu'il manipule des médicaments périmés dont certains relèvent de la législation sur les substances vénéneuses ou stupéfiantes. Le tout sans pharmacien pour les trier et contre 2 500 € en liquide par mois. « Certes, j'ai pris des libertés, mais j'essayais de respecter les dates de péremption, s'est défendu Grégory à la barre. Quant à l'argent que je recevais, il ne servait qu'à financer cette opération humanitaire. » L'enquête a révélé en effet qu'une fois les frais de location de camion, de boxs et d'envoi des marchandises payés, le jeune homme ne récupérait qu'environ 200 € par mois. « Et puis, les médicaments quittaient la France pour un hôpital d'Hô-Chi-Minh, affirme Me Jean Baudot son avocat. Ces substances n'ont jamais quitté le circuit pharmaco-légal. Mon client n'a rien du bandit de grand chemin, il s'est juste laissé emporter par sa volonté de réussir. » « On a imaginé ce dossier plus important qu'il ne l'est aujourd'hui », a reconnu le procureur dans sa plaidoirie.