Et si l'offre de transport était dépassée ? Le groupe Kéolis, opérateur du métro rennais, présente aujourd'hui une étude menée sur ses réseaux. « Nos organisations sont inadaptées aux nouveaux rythmes de travail », affirme le directeur marketing du groupe, Eric Chareyron. « Un tiers seulement des voyageurs commence le travail à l'heure de pointe du matin et le termine à l'heure de pointe du soir ». Or, « tous les modèles ont été bâtis sur l'heure de pointe ». Eric Chareyron estime qu'il faut renverser la vapeur : « Le trafic évolue de plus en plus vite sur les autres plages horaires, notamment en soirée et le week-end ».
L'avènement des centres commerciaux a également bouleversé les comportements. « Les décideurs pensent qu'il n'est pas nécessaire d'amener les transports jusqu'aux centres commerciaux, car on a besoin de sa voiture pour faire ses courses. Nous leur avons montré que 75 % des gens en sortent sans chariot. Oui, on y va surtout pour se promener ».
« Proposer une offre plus régulière »
Autre résultat surprenant : « traditionnellement nous comptabilisons le nombre de voyageurs en fonction du nombre de montées par jour. En réalité, 100 validations par jour équivalent sur un mois à 1 300 personnes différentes sur une station à la sortie d'un hôpital, et à 1 800 à la sortie d'un centre commercial. Pourquoi ? Parce que l'on ne se rend pas tous les jours à ces endroits. » « Il faut cesser de réfléchir en heure de pointe ou en heure creuse, conclut Eric Chareyron. Pour capter la clientèle qui utilise sa voiture, il faut une offre régulière aux différentes tranches de la journée. Et souvent, une simple réorganisation des réseaux sans moyen supplémentaire peut y parvenir. »