La musique de fond, lascive, rappelle celle d'un film érotique. On y voit une femme, agenouillée devant un homme, semblant lui faire une fellation... Seulement voilà : la pub se termine sur un plan large. Il ne s'agissait en fait que d'une vendeuse de « 11footballclub », en train de faire essayer une paire de baskets à un client !
« Ce genre de pub me consterne »
Avec ce clip, mis en ligne il y a une semaine, la nouvelle boutique nantaise spécialisée dans les articles de foot a réussi le « buzz viral » recherché. Elle s'est aussi attiré les foudres du Crash (Collectif radical anti-sexisme et homophobie), créé en novembre au moment de la soirée étudiante « D.S.K. » au LC Club. Son affiche montrait alors une femme de ménage, en tenue légère.
« Ce genre de pub me consterne », confie Auréline Cardoso, une étudiante de 22 ans, membre du collectif. « On ne peut pas rire constamment du sexisme et du machisme, quand on sait qu'une femme est violée toutes les cinq heures en France. » Le Crash pourrait ainsi adresser prochainement une « lettre ouverte » à la boutique, histoire de lui faire « de la mauvaise pub ».
D'autres épisodes à suivre
Benoît Defois, co-gérant de 11footballclub, appelle lui à « prendre du recul ». « Ce n'est que de l'humour, et rien d'autre », insiste cet homme de 34 ans. « Le message de la pub n'était pas de dénigrer la gent féminine, mais juste de dire qu'on prend soin de nos clients... » Le prochain épisode de la série - qui pourrait en comporter « quatre ou cinq » - pourrait ainsi mettre en scène « un homme à genoux, devant une femme les jambes écartées ». « On pense la sortir juste avant l'Euro, pour faire la promo du foot féminin », explique Benoît Defois.