Histoire d'amour entre Doisneau et le ventre de Paris

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Publié le 8 février 2012.

« Je me levais à 3 h du matin, à Montrouge, pour me rendre là-bas, parmi les travailleurs de l'aube.[…] Je savais que cela allait disparaître », écrivait Robert Doisneau, qui décida dans les années 1960 d'immortaliser les Halles de Paris. L'Hôtel-de-Ville présente deux cents photographies racontant le quotidien du Ventre de Paris du noir et blanc à la couleur, des nuits grouillantes aux démolitions des pavillons Baltard. Le photographe nous fait imaginer les cris, les odeurs, les couleurs. Doisneau fait aussi preuve d'humour en surnommant une bonne sœur traînant un diable Cornette endiablée ou en présentant une série de passants enjambant les détritus sur le trottoir, Le saut du caniveau.
L'exposition, dirigée par ses deux filles Francine Deroudille et Annette Doisneau. s'ouvre sur les Halles de nuit, les fêtards qui y mangent la soupe aux oignons, les commerçants qui grouillent. Une seconde étape s'arrête sur le découpage du marché à ciel ouvert. « Il a été présenté comme un foutoir, alors que tout était très organisé », souligne Francine Deroudille. Pavillon de la viande, chariot aux fleurs, cave aux fromages, chaque marchandise a droit à son clin d'œil dans ces petits formats vintage. On passe ensuite aux photos en couleurs du bitume miroitant, des glaneurs et finalement du trou béant laissé par la destruction des Halles, qui aujourd'hui connaissent à nouveau de grands travaux.

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