Trois mois après le début du procès, la cour d'appel s'est intéressée hier à la Commission d'enquête interne (CEI), mise en place par la société Grande Paroisse, sous l'autorité du groupe Total. C'est sur son fonctionnement et son rôle qu'a été entendu hier Thierry Desmarest, le président du groupe Total à l'époque des faits. « C'est Grande Paroisse qui a procédé à la nomination de ses membres, a expliqué l'ex-PDG à la barre. Je ne suis pas intervenu après dans son fonctionnement et n'ai donné aucune consigne ». A propos des critiques de certains enquêteurs estimant « qu'ils s'étaient fait avoir par la CEI », Thierry Desmarest a indiqué « avoir été choqué par ces commentaires, que les équipes de la CEI avaient le sens des responsabilités ». Des propos qui ont laissé les parties civiles incrédules, convaincues que la CEI a exercé « des entraves à l'enquête ». Gérard Ratier, qui a perdu son fils dans l'explosion de l'usine AZF, ne croit pas aux déclarations de l'ancien PDG de Total. « À croire que ces gens travaillaient sans son aval. À la barre, il a établi une distance avec la CEI et réfuté la piste chimique. Les membres de la CEI, ce sont tous des fumistes et des menteurs ! », s'emporte le président de l'association de familles endeuillées. Ce dernier se dit cependant « ravi » que plusieurs audiences de ce procès en appel soient consacrées spécialement à la CEI. « Ce n'était pas le cas au premier procès même si on a compris que la commission avait carrément effacé les traces qui subsistaient de la piste chimique ».