«En trois ans j'ai dû envoyer 300 CV, mais je n'ai toujours rien. » Christian, 54 ans, est un chômeur dit « de longue durée ». « Evidement, je ne reçois jamais de réponses », ironise ce Niçois à la sortie de son rendez-vous mensuel au Pôle emploi de Valrose. L'homme sourit mais son cas est éloquent. Selon les chiffres de Pôle emploi, en décembre 2011, sur les 52 000 demandeurs d'emploi azuréens, environ 12 000 avaient plus de 50 ans. L'embauche des quinquas est devenue un véritable point noir dans les Alpes-Maritimes. « Trop vieux, trop cher », cet ancien chef comptable d'une PME jusqu'en 2007 en est persuadé, le véritable coupable, c'est son âge. Les cinquantenaires comme Christian ne rentrent pas dans les critères favorables à l'embauche. Et ce n'est pas au niveau des compétences que le bât blesse, il possède un diplôme d'études comptables et financières (niveau bac +4).
Quitter le département
Après trois années de recherches, ses allocations sont devenues dérisoires. Depuis six mois, Christian est en fin de droit et touche « environ 460 € par mois ». « Heureusement que je suis propriétaire et que j'arrondis mes fins de mois en gérant la comptabilité de petites entreprises ». Rien de bien lucratif : la besogne lui rapporte 800 € mensuels. Quant à sa conseillère Pôle emploi, elle lui propose deux alternatives : monter une auto-entreprise… ou quitter le département. Son « secteur d'activité serait plus enclin aux offres d'emploi » dans les Bouches-du-Rhône.
Donner les moyens d'entreprendre à ceux qui n'en ont pas. C'est le but de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui organise jusqu'au 10 février à Nice sa semaine du microcrédit. En 2011 dans le département, l'Adie a délivré 135 microcrédits, dont 100 pour des créations d'entreprise. Infos au 06 31 77 91 43 ou sur www.adie.org