Après sept mois d'un combat quotidien pour sauver leur outil de travail, les Veninov respirent à nouveau. Les salariés du fabriquant de toiles cirées, placé en liquidation judiciaire en juillet, ont rencontré hier Peter Preis et Yohann Windhager représentant et Pdg du groupe autrichien Windhager-Garten, seul candidat sérieux à la reprise. Les deux hommes, également reçus par le préfet du Rhône, ont exposé aux délégués du personnel leur projet pour faire revivre la plus vieille entreprise de Vénissieux.
Près de 60% des salariés repris
L'offre de reprise doit encore être validée d'ici à fin février selon la préfecture par le liquidateur judiciaire puis le tribunal de commerce de Nanterre. Mais déjà chez Veninov, où les salariés se relayent chaque jour dans l'usine à l'arrêt, la tension est retombée d'un cran. « Nous sommes heureux. Cela ne peut être que positif, sachant qu'il y a quelques semaines encore, on était mort », a réagi Bernard Dhennin, délégué CFDT. Le groupe autrichien, spécialisé dans l'ameublement de jardin, serait prêt à faire repartir les machines dès l'automne, en rouvrant une partie seulement des ateliers. Il ne reprendrait alors que 50 des 87 salariés. « Et il prévoit de remonter jusqu'à 100 -120 employés en 2015. Mais l'objectif est évidemment que le maximum de salariés soient repris dès le départ », a ajouté le délégué CFDT, conscient toutefois qu'après des mois d'arrêt, Veninov devra reconquérir le marché français puis européen. Les Autrichiens semblent confiants pour relever ce défi, puisqu'ils tablent en cas de reprise sur un chiffre d'affaires prévisionnel de 10 millions d'euros pour 2013 puis de 20 millions pour 2014. Leur projet a visiblement séduit aussi la préfecture du Rhône, très active ces derniers mois pour offrir une nouvelle vie à Veninov. « Ces repreneurs sont très impliqués. Ils ont envie d'avancer. Maintenant, c'est au tribunal de Nanterre de trancher », a souligné un porte-parole.