Ils espéraient connaître enfin toute la vérité sur l'assassinat de leur fils (voir nos éditions des 2 et 3 février). Mais le procès de Denize Soares a tourné court, renvoyé après deux jours d'audience. Hier, les parents de Sébastien Brun ont donc tenu à faire entendre leur voix sur cette affaire.
Comment réagissez-vous au renvoi du procès ?
Marie-Thérèse Brun. Ce report est intolérable, c'est un déni de justice. Ça fait huit ans que notre fils est mort au Brésil, quatre ans qu'on a retrouvé le corps et qu'on attend des réponses et un procès à la loyale. La défense a tout fait pour faire passer Denize pour la victime mais les victimes, ce sont Sébastien, son petit garçon de 8 ans et nous.
C'est le travail des avocats…
M-T.B. Non, nous avons été choqués par la conduite inqualifiable de la défense. Vendredi, on a assisté à une scène hallucinante avec un avocat qui nous a manqué de respect, ainsi qu'aux magistrats et aux jurés.
Quelles relations aviez-vous avec Denize Soares ?
B.B. On la considérait comme notre fille et on l'aimait beaucoup. On a mis très longtemps avant de comprendre à quel point elle est machiavélique. C'est comme un puzzle, c'est en remontant les pièces après coup qu'on a découvert ses ruses et ses mensonges. Mais elle nous connaissait tellement bien, elle était si habile qu'elle a su nous berner et nous persuader que notre fils ne reviendrait pas. Elle est très forte !
Quand avez-vous commencé à avoir des doutes ?
B.B. Ses mensonges ont fini par nous mettre la puce à l'oreille, notamment quand elle n'a pas voulu partir au Brésil avec nous. Quand on est arrivé là-bas, ç'a été le choc : tout le monde croyait Sébastien à Grenoble.
Qu'espérez-vous ?
M-T.B. On veut que le procès se tienne le plus tôt possible.