La Commission d'expulsion doit discuter ce mardi du sort de Mohammed Hammami. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant (UMP), a réclamé fin janvier une mesure d'éloignement à l'encontre de cet imam officiant à la mosquée tabligh Omar, rue Jean-Pierre-Timbaud, dans le 11e arrondissement de Paris. Il lui est reproché des prêches virulents: il aurait déclaré que «l'argent des fidèles ne devait pas être placé en banque car il profite aux juifs». Des propos invitant à battre à mort les femmes adultères lui sont aussi attribués.
A la mosquée Omar, la vie continue malgré la menace qui pèse sur son fondateur. A l'heure de la première prière de l'après-midi, de nombreux fidèles entrent et sortent du bâtiment. Ils ne sont pas très diserts sur les problèmes de leur imam; méfiants, beaucoup déclarent même ne pas être au courant. «Il n'y a aucun problème ici, glisse l'un d'eux. Claude Guéant agit à des fins électoralistes mais ça va se retourner contre lui. Il ne peut pas continuer à faire croire que les islamistes veulent prendre le pouvoir.»
Dans les nombreux commerces spécialisés du quartier, librairies islamiques ou marchands de vêtements orientaux, la même omerta règne. «Je ne sais pas, je suis Français», «Je ne prie pas dans cette mosquée» sont les réactions les plus courantes. «Répondre aux bassesses, c'est tomber aussi bas que celui qui les profère, lâche un libraire. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai jamais vu l'imam dire du mal d'une femme. Ses propos ont été sortis de leur contexte.»