L'unique cimetière public musulman est sorti de terre

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Publié le 7 février 2012.

Islam La création du site, inauguré hier, est autorisée par le droit local

Derrière un portail orné d'un arbre de vie, une salle accueillera les visiteurs désirant pratiquer des ablutions. Un peu plus loin, au milieu d'un espace d'1,5 hectare, largement recouvert de gazon, une pergola permettra aux familles de se réunir. Le premier cimetière municipal musulman du pays a été inauguré, hier, à la Meinau. Rendu possible par le droit local, qui stipule que chaque culte peut disposer de son lieu d'inhumation, il abritera jusqu'à mille sépultures. « Sa gestion sera conforme à celle des autres cimetières de la ville », précise le maire (PS) Roland Ries, tout en étant en adéquation avec les « codes funéraires » de l'Islam, qui pointent, entre autres, que les tombes doivent être tournées vers la Mecque. Le site s'ajoute aux huit carrés musulmans aménagés dans les cimetières multiconfessionnels de la Robertsau et de la Meinau, et aujourd'hui quasi tous saturés.

Un vecteur d'égalité
« Beaucoup de musulmans jusqu'alors étaient obligés de faire enterrer leurs proches dans leur pays d'origine, explique Kaddour, un fidèle strasbourgeois. Cela posait des problèmes de paperasses, de finances mais surtout de recueillement en raison de la distance.  » Pour Anne-Pernelle Richardot, l'élue (PS) à l'origine du projet, « permettre à un gamin de venir parler à son grand-père enterré ici et non loin, c'est aussi donner la possibilité à ce gamin de se construire un avenir ». « Quand on vit dans un pays, on y a ses racines. Il est donc important de pouvoir y être enterré. C'est un signe qu'on a participé à son essor », poursuit Ahmed, un responsable associatif strasbourgeois. Ce lieu va offrir la possibilité aux Musulmans « d'être des citoyens comme les autres », résule Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman. Aucun autre projet de cimetière public musulman ne serait d'actualité dans la région, selon l'adjoint (PS) aux cultes Olivier Bitz. Celui de Strasbourg a coûté 800 000 €.

Philippe Wendling
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