Marseille met moins le feu en tribunes. A l'occasion du séminaire annuel des correspondants « hooliganisme » de L1 et de L2 des chefs de Sections d'intervention rapide (SIR), qui s'est tenu hier au stade Vélodrome, le club phocéen a affiché un bilan satisfaisant en termes de sécurité. « Beaucoup d'efforts ont été réalisés et on ne relève aucun incident majeur depuis un an et demi », pointe Antoine Boutonnet, chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH).
« Nous sommes menacés »
Un résultat obtenu notamment grâce à une multiplication des interdictions de stade. « A Marseille, ce mouvement s'est accéléré depuis deux saisons, souligne Pascal Lalle, directeur départemental de la sûreté publique (DDSP). Avec comme principales effractions l'ébriété et l'utilisation d'engins pyrotechniques. » Une politique répressive vue d'un bon œil par le club phocéen qui a écopé de lourdes amendes, 42 000 €, lorsque ses fans ont fait exploser par exemple des pétards à Dortmund en décembre dernier. D'autant que les frais occasionnés pour l'OM par les dispositifs de sécurité (SIR, CRS, etc.) mis en place lors des matchs à risques est important : 90 000 € pour la rencontre face à Bordeaux en L1 et 55 000 € face à Nice. Et cette « zéro tolérance » envers les débordements de fans pourrait bientôt coûter cher à certains. « Nous avons un dossier concernant la suspension d'activités pour un groupe de supporters », affirme Pascal Lalle. Les Ultras seraient ainsi dans le viseur après leurs rixes en Grèce lors du match face à l'Olympiakos en septembre. « Le but de cette politique est d'éliminer les groupes de supporters pour les remplacer par des clients », grince Christian Cataldo, président des Dodgers. «Les groupes de supporters ont fait des efforts, précise Guy Cazadamont, directeur de la sécurité de l'OM. Mais ils ont encore du mal à comprendre la rapidité et la force de ces sanctions. »
Sous l'impulsion de la loi Lopsi 2, qui a fait passer leur durée de six mois à un an et les a rendues plus facilement applicables, les interdictions de stade se sont multipliées dernièrement : 20 pour 2009-2010, 70 pour 2010-2011 et déjà 47 pour cette saison.