Ils avaient l'habitude d'être très courtisés par les recruteurs. Les ingénieurs doivent désormais davantage se battre pour trouver un poste. « En raison de la crise et de la période électorale, les entreprises sont plus prudentes en matière d'emploi », constate Martine de Maintenant, directrice du pôle industrie chez Mercuri Urval. « Si les carnets de commandes des grands groupes sont encore pleins pour 2012, difficile d'avoir de la visibilité pour 2013. Ils ne coupent pas les robinets de l'embauche, mais remplacent les ingénieurs au coup par coup. » D'où un marché peu dynamique qui entraîne aussi un immobilisme des ingénieurs en poste. « Du côté des jeunes diplômés, 75 % d'entre eux trouvent leur premier poste dans les six mois, contre 85 % il y a deux ans », observe Alexandre Rigal, directeur de cabinet de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI).
Experts managers recherchés
Pourtant, malgré la conjoncture, certains profils pointus sont toujours en ligne de mire des recruteurs. « Les grandes entreprises de l'énergie, du transport ferroviaire, qui investissent sur des projets à long terme, continuent à rechercher des experts techniques », explique Jean-Christophe Toureng, senior manager de la division ingénieurs de Robert Walters. « Le BTP est toujours friand d'ingénieurs travaux, d'études, d'études de prix, poursuit Martine de Maintenant. L'ingénierie recherche des ingénieurs bureaux d'études ; les industries métallurgiques, des ingénieurs qualité et de maintenance. » Quant au secteur de l'aéronautique, il recrute toujours des ingénieurs programme, d'études, de production, des technico-commerciaux et des acheteurs. « En revanche, on assiste à un tassement des embauches des ingénieurs dans le domaine de la finance », note Alexandre Rigal. Autre tendance, selon Jean-Christophe Toureng : « Les ingénieurs français jouissent d'une excellente réputation à l'étranger, où ils sont très sollicités. » D'ailleurs, de plus en plus de jeunes diplômés connaissent une première expérience hors de France. « On estime qu'ils sont 10 % par promotion à le faire et la tendance va s'accélérer », prédit Alexandre Rigal. Quant aux salaires d'embauche, la crise ne semble pas trop les avoir affectés, selon Martine de Maintenant : « Les jeunes diplômés démarrent à 35 000 € par an en moyenne et obtiennent environ 10 % d'augmentation chaque année ».
Selon la dernière enquête de l'Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France, seulement 18 % des ingénieurs en fonction ont plus de 50 ans. Un chiffre qui a tendance à décroître ces dernières années. D'autant que la crise rend plus difficile leur embauche.