La 2e journée du procès de Denize Soares, jugée pour l'assassinat de son compagnon Sébastien Brun, s'est terminée par un énorme coup de théâtre, vendredi soir. Après deux jours de débats houleux et de multiples incidents de procédure, une énième « passe d'armes » entre Me Bernard Ripert, l'un des avocats de l'accusée, et le président de la cour d'assises a conduit ce dernier à renvoyer le procès.
Si la défense affirme n'y être pour rien – « nous avions juste demandé un complément d'information et un procès équitable », précise Me Joëlle Vernay –, ce n'est pas l'avis des parties civiles. « C'était une stratégie délibérée de la défense, juge ainsi Me Alice Nallet, avocate des parents de Sébastien Brun. Dès jeudi matin, Me Ripert a déclaré à la télévision qu'il “saurait trouver les bons juges”. Et aujourd'hui, il essaye de nous manipuler et de faire croire que la justice aurait reculé. C'est insupportable ! » Ce renvoi pose aussi la question du maintien en détention de Denize Soares, incarcérée depuis plus de quatre ans. La cour européenne des droits de l'homme évoque en effet des « délais raisonnables ». « Tout a été calculé, estime Me Nallet. Maintenant que le procès est renvoyé, on apprend que la défense a déposé une demande de remise en liberté à la chambre d'instruction avant même l'ouverture de l'audience. » A demi-mot, les parties civiles craignent une fuite de Denize Soares en cas de libération.M.P.
La date et le lieu du nouveau procès restent inconnus. L'avocat général a néanmoins précisé son souhait de saisir la cour de cassation afin qu'elle fixe une nouvelle date, devant une autre cour d'assises. La justice pourrait dépayser le dossier pour échapper au climat délétère constaté à Grenoble. Denize Soares ne sera sans doute pas jugée avant plusieurs mois.