L'annonce a fait l'effet d'une gifle. Deux jours après avoir appris son éviction de la liste Idex (Initiatives d'excellence), le campus de Grenoble n'en est toujours pas remis. « La surprise a été d'autant plus grande que notre pôle a été le tout premier à être préselectionné et que nous avions eu, mardi, une très bonne impression à l'issue de notre audition par le jury, témoigne Farid Ouabdesselam, président de l'UJF et du Pres Grenoble Université. Nous sommes interloqués ! ». Cela fait plus d'un an qu'une « trentaine de collègues que je remercie » participait à la rédaction de ce dossier visant à positionner Grenoble parmi les 5 à 10 pôles pluridisciplinaires français capables de rivaliser avec les meilleures universités du monde.
Impact sur le diplôme ?
Pour le président de la région, comme pour les élus du département, la pilule aussi est amère : le pôle grenoblois est « après l'Ile-de-France, le premier en termes de laboratoires et d'équipements d'excellence », notent-ils ; cette décision est « tout à fait incompréhensible et incohérente ».
Elle est surtout lourde de conséquences : « On comptait beaucoup sur cet argent [une dotation d'1,2 milliard d'euros] pour développer un programme de recherche et de formation, affirme le président du Pres, et pour mondialiser nos recrutements. » Valmon Leymarie, étudiant ingénieur dans le groupe INP, redoute, lui, que son diplôme s'en trouve dévalorisé : « Cela peut se traduire par un moins bon salaire à l'embauche »
Le projet «Grenoble-Alpes» visait à donner, via Idex, une même lisibilité mondiale aux différents acteurs de l'enseignement supérieur que sont : les universités Joseph-Fourier, PMF, Stendhal, de Savoie ; Grenoble INP ; l'IEP de Grenoble ; GEM ; l'Ecole d'architecture ; le CEA ; le Cemagref ; l'Inria ; l'Inserm et le CHU de Grenoble.