Mieux loger l'autopromotion

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Publié le 6 février 2012.

Logement Plusieurs projets d'habitats participatifs en autopromotion sont en gestation

Bien qu'elle n'abrite encore qu'un seul logement de ce type, la ville estime jouer « un rôle pionnier » en matière d'habitat participatif en autopromotion. C'est-à-dire conçu par des groupes d'habitants sans l'aide d'un promoteur. « Quand on regarde vers l'Est, l'Allemagne et la Suisse, où la pratique est entrée dans les mœurs, on se dit que nous avons du retard. Mais nous suscitons beaucoup d'intérêts quand on se tourne vers l'Ouest », lâche Alain Jund, l'adjoint Vert à l'urbanisme. La preuve selon lui : sous l'impulsion de la mairie, quinze collectivités, dont Bordeaux et Paris, se sont fédérées en réseau national, à la fin novembre. « Nous voulons montrer que l'habitat participatif et l'autopromotion font aussi parties de la politique publique, explique l'élu et porte-parole du réseau. Ils offrent une convergence entre l'habitat social et la promotion privée en répondant aux préoccupations du logement pour tous. Nous sommes pionniers car nous avons lancé dès 2009 l'appel à projets "dix terrains pour dix immeubles durables". »

Sept terrains en consultation
Copié depuis par Lille, le concept est simple : la ville vend à des groupes de riverains un terrain pour y bâtir, sans promoteur, un immeuble écologique. Cinq ont trouvé preneurs. « La construction de deux d'entre eux va démarrer cette année rue du Renard-Prêchant et à la Tour Pêcheur. Un permis va bientôt être déposé pour un autre, rue des Ducs, précise Pierre Zimmermann, chargé des projets urbains à la CUS. Nous venons de lancer une nouvelle consultation pour sept autres terrains, cinq à Neudorf et deux à La Robertsau. Les groupes ont jusqu'au 30 avril* pour se constituer et nous contacter. »

Créer un cadre juridique
D'autres projets sont d'actualité dans le cadre de la création d'écoquartiers sur les friches Danube à Neudorf ou Brasserie à Cronenbourg (lire ci-dessous). Ce dernier « comprendra douze à quinze logements en autopromotion couplés avec des locaux professionnels et associatifs, dont le siège de l'Association des traumatisés crâniens, précise Alain Jund. Il est important que l'autopromotion crée du lien entre ses occupants, mais aussi des autres usagers d'un quartier. » Exemple, les habitants d'Eco-logis, l'unique bâtiment en autopromotion sorti de terre à Strasbourg, rue de Lunéville, cultivent un jardin avec des associations et écoles du quartier.
Si des dossiers avancent, Alain Jund reconnaît que construire en groupe d'autopromotion n'est pas toujours facile, en raison notamment d'un flou juridique. « Avec le réseau national, nous allons faire du lobbying auprès des candidats aux élections législatives afin qu'ils s'engagent à créer un cadre juridique à cette forme d'habitat », dit l'élu. « Cela permettra de rassurer les banquiers quand ils font face à des demandes de prêts émanant d'un groupe », poursuit Pierre Zimmermann. Ou bien de clarifier si la TVA s'appliquant à un habitat participatif est la même que pour une maison individuelle, c'est-à-dire de 5,5 %, ou que pour un logement collectif, soit 19,6 %. Commandée par la ville, une étude sur les montages financiers possibles est en cours d'analyse.

Philippe Wendling
Emploi

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