«On existe. Et on a notre mot à dire aussi ! » Sur un marché de Fort-de-France, cette vendeuse de fruits exprime à sa manière sa satisfaction d'avoir rencontré Christine Boutin. Créditée de 0 à 1 % des intentions de vote dans les sondages, la candidate du Parti chrétien-démocrate n'a pas hésité à sacrifier le peu de moyens financiers dont elle dispose pour se rendre en Martinique. Invitée par le Forum politique chrétien, Christine Boutin a sillonné l'île pendant trois jours, « sans esbroufe ».
Des préoccupations classiques
Sur le marché central de Fort-de-France qui embaume la vanille fraîche ou dans une exploitation d'ananas perdue à Basse-Pointe, elle visite avec un seul programme : récolter les témoignages des Martiniquais. Pas toujours facile quand ceux-ci ne la (re)connaissent pas. Quelques interviews dans la presse locale sont tout de même organisées. Pour le reste, l'ancienne ministre n'a pas eu besoin de plus de quelques heures pour comprendre que les problématiques ultra-marines ressemblent fort à celles de « la France continentale ». Il suffit d'écouter Juvenal Remir raconter la « souffrance du terrain », la vie chère et les « petites retraites » dans son « habitation d'ananas » coincée sous la montagne.
Une île paradisiaque pas si rose
A chaque fois, Christine Boutin prend note. Car la réalité de l'île paradisiaque n'est pas si rose. Le chômage est officiellement autour des 23 %. La violence augmente. Le trafic de drogue aussi. La candidate profite d'une conférence devant une petite assemblée de convaincus pour rappeler ses grands principes, comme son opposition au mariage homosexuel. Et prend le temps de se poser. « Ce voyage est l'occasion de découvrir les richesses de la France », mais aussi de faire une place à « l'altérité, la différence ». « Ne pas venir ici aurait été une faute politique ! »