C'est la deuxième fois en trois mois que les donneurs de sang de Rhône-Alpes expriment leur colère. Hier, au Fontanil, leur Comité régional s'est insurgé contre « l'éviction de la directrice générale de l'Etablissement français du sang (EFS) Rhône-Alpes ». Selon la Grenobloise Michèle Soulier, présidente régionale du Comité, la directrice, qui ne souhaite pas commenter cette décision, paierait « sa trop grande proximité avec les bénévoles et son attachement à l'éthique du don.»
C'est précisément l'éthique qui avait déjà mobilisé en novembre le comité régional. Il dénonçait alors le projet de l'EFS de se fournir en plasma thérapeutique à l'étranger, auprès d'une société « qui achète une partie de ses produits sanguins, ce qui est totalement contraire au principe français du bénévolat », s'insurge Michèle Soulier.
Selon la présidente, la menace « évitée grâce à l'intervention des associations » risque de surgir à nouveau, l'Afssaps, autorité sanitaire, ayant décidé, pour cause d'allergies, d'interdire au 1er mars le recours au bleu de méthylène pour le traitement du plasma.
A la direction nationale de l'EFS où l'on affirme que la directrice régionale était « en fin de mandat », on se veut rassurant : « Les stocks de plasma thérapeutique sont de 9 semaines et le ministre a dit en décembre qu'il n'était pas question d'importation. L'objectif est de recourir pour moitié à du plasma traité, notamment à l'usine de Bordeaux, qui, fonctionne à nouveau depuis janvier, et pour moitié à du plasma dit sécurisé » Mars sera décisif…. C. F.