Innocente ou « veuve noire » brésilienne ?

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Publié le 2 février 2012.

JUSTICE Le procès de Denize Soares, soupçonnée d'avoir empoisonné son conjoint, s'ouvre ce matin

Denize Soares a-t-elle empoisonné Sébastien Brun, en 2004, au Brésil ? Telle est la question à laquelle devront répondre les jurés des Assises de l'Isère. Cette Brésilienne de 42 ans y comparaît en effet à partir d'aujourd'hui pour l'assassinat du fleuriste grenoblois, âgé de 31 ans à l'époque. Elle est soupçonnée d'avoir donné du cyanure à son conjoint puis d'avoir fait disparaître son corps, retrouvé quatre ans plus tard près de Salvador de Bahia.
En août 2004, le couple part en vacances au Brésil pour présenter son enfant de 18 mois à la famille de Denize Soares. Pourtant, trois semaines plus tard, cette dernière rentre à Grenoble avec le bébé, mais sans son compagnon. Aux parents de Sébastien, elle raconte que celui-ci, tombé sous le charme du Brésil, a décidé de s'y installer. Ils ne s'interrogent pas, d'autant qu'ils continuent à recevoir des cartes postales de leur fils (qui, selon l'enquête, ont été envoyées par Denize).

La défense conteste
Huit mois défilent. Toujours pas d'appel de Sébastien, alors que son compte bancaire se vide. Inquiets, les parents se rendent début 2005 au Brésil. Là, c'est le choc ! Personne n'a de nouvelle de leur fils depuis l'été dernier. Ils portent alors plainte devant les polices brésilienne et française. Denize Soares est suspectée mais sans cadavre, pas de crime. Après de multiples rebondissements, l'enquête prend un tournant décisif en mai 2008. Un témoin prétend que le frère de Denize lui a dit avoir aidé sa sœur à enterrer le corps de Sébastien. Celui-ci est retrouvé dans une carrière de sable et identifié. Arrêté, le frère avoue et Denize Soares est incarcérée. Mais elle clame son innocence. Son avocate, Me Vernay, dénonce ainsi « un dossier instruit uniquement à charge et un procès inéquitable. Je conteste tout rôle de ma cliente dans l'assassinat, même si l'escroquerie est reconnue. Selon nous, c'est son frère et une autre personne qui ont agi pour un motif crapuleux. On doit avoir une confrontation avec son frère en visioconférence mais ça fait cinq ans que je la demande ! Quant à ce témoignage, les parents ayant offert 20 000 € pour tout renseignement, les langues se sont déliées… »

Manuel Pavard
Emploi

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