Et si finalement, on arrêtait de trier dans l'hypercentre de Bordeaux ? Trois ans seulement après avoir lancé le tri sélectif des déchets dans certains quartiers comme Saint-Pierre ou Saint-Eloi, la CUB et la mairie semblent à cours de solutions pour parvenir à faire respecter les consignes de tri.
« La mairie n'est pas satisfaite du tout du service rendu en termes de collecte des déchets », assène Jean-Louis David, adjoint au maire de Bordeaux, chargé de la vie locale, qui souligne une régression du volume de déchets recyclés par rapport à l'année précédente.
Un bilan sera tiré dans six mois
« Dans les trois mois qui viennent, poursuit l'élu bordelais, nous allons convaincre et contraindre les habitants que le tri des déchets est une nécessité absolue. Rentrer son bac chez soi est une obligation. Une brigade de proximité composée d'élus viendra faire du porte à porte pour encore sensibiliser les habitants. » La mairie souhaite donc en finir rapidement avec une situation qui semble avoir atteint un point de non-retour. « C'est notre dernière cartouche pour essayer d'améliorer la situation », prévient l'adjoint d'Alain Juppé.
La CUB, chargée de la collecte des déchets, jette également ses dernières forces dans la bataille en tentant, par exemple, de trouver de nouveaux lieux aux pieds des immeubles pour augmenter le nombre de locaux poubelles. Par ailleurs, elle annonce qu'un bilan sera effectué avant l'été. Vincent Feltesse, son président, a déjà prévenu. « Çela ne sert à rien de continuer sur un système qui, visiblement, ne marche pas. »
Une fois les derniers recours épuisés, se posera la question de l'arrêt du tri sélectif dans le centre historique de Bordeaux. « C'est encore prématuré de dire ce que l'on fera après, répond la CUB. Mais il y a en effet la possibilité d'un retour en arrière. »
En raison d'une jurisprudence complexe, il est encore difficile de punir systématiquement un citoyen réfractaire au tri. « On veut mettre en place un cadre juridique plus simple », affirme Jean-Louis David.