Les bars homos en péril

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Publié le 2 février 2012.

Société Le Troisième lieu, l'un des rares bars lesbiens parisiens, est menacé de fermeture

En 2007, la célèbre boîte de nuit Le Pulp met la clé sous la porte. En 2010, c'est au tour du Central. Et en 2012 ? Le Troisième lieu (4e), bar emblématique des nuits homosexuelles parisiennes, connaît des difficultés économiques et pourrait fermer ses portes aujourd'hui (lire ci-dessous). Trois lieux mythiques, représentatifs des difficultés auxquelles sont aujourd'hui confrontés les bars communautaires.

Se différencier pour exister
Josy en sait quelque chose. Elle a ouvert le plus vieux bar lesbien de Paris, La Champmeslé, en 1979, trois ans avant la dépénalisation de l'homosexualité. A deux pas de la rue Saint-Anne, elle a survécu, non sans mal, à trois ou quatre contrôles fiscaux et à plusieurs fermetures administratives. « Pour moi, la concurrence est trop forte. Deux bars lesbiens et deux boîtes de nuit, ce serait suffisant. » Seulement ? « La clientèle est difficile. Les lesbiennes ne sortent que lorsqu'elles sont célibataires et elles consomment très peu. Vous en voyez souvent, vous, des filles qui paient leur tournée ? »
Si une poignée de bars homos ferment chaque année, quelques-uns renaissent de leurs cendres. En lieu et place d'un troquet liquidé en plein cœur du Marais, le Spyce est né en décembre 2010. « Rien que dans le quartier, on compte une bonne trentaine de bars gays », raconte Philippe Massière, le directeur artistique. « Pour exister, une seule solution : innover et arriver avec sa propre clientèle. » Autre contrainte, le voisinage, gêné par le nombre de bars au mètre carré. « Nous avons dû investir dans un matériel d'insonorisation très cher. Mais on ne le regrette pas. »
Cécilia a décidé d'opter pour un pari moins risqué : organiser les soirées GLIT, uniquement féminines, une fois tous les deux mois. La prochaine se déroule ce samedi. « Je ne me retrouvais pas dans l'ambiance des bars lesbiens. Dans un sur deux, on s'ennuie, c'est glauque ! » Preuve, selon elle, que la demande est ailleurs : ses soirées font salle comble. « L'autre souci, c'est le manque d'entraide et de communication entre les tenanciers : parfois il y a plusieurs soirées le même jour, et rien le reste du mois. Dommage ».

élodie Font
L'ancien Pulp est toujours vide

Le Pulp, c'est l'ex-plus gros QG de filles de la capitale. Le club a fermé ses portes en 2007, au grand dam des lesbiennes parisiennes. Le Pulp était réputé pour ses soirées électro et pour ses DJ, de Jennifer Cardini à Scratch Massive. A l'origine de la fermeture, pas de contrôle fiscal, mais le rachat de l'immeuble par un propriétaire qui ne souhaitait pas garder une boîte de nuit dans son sous-sol. Avec Le Pulp, le dancing L'Entracte avait également mis la clé sous la porte. A l'époque, les filles s'étaient tournées vers Le Troisième lieu.

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