« Nous prendrons en compte les interrogations légitimes des habitants, mais on ne fera pas l'économie d'un centre de traitement des déchets pour la moitié de la Seine-Saint-Denis et un arrondissement parisien. » François Dagnaud, président du Syctom, l'agence métropolitaine des déchets ménagers, s'est montré ferme hier : la future usine de méthanisation des ordures ménagères de Romainville (Seine-Saint-Denis), qui doit traiter 320 000 tonnes de déchets organiques par an à l'horizon 2015, n'est pas remise en cause, malgré l'opposition de certains élus et associations. Pour calmer le jeu, il a néanmoins annoncé le lancement d'un nouvel audit sur la sécurité de l'installation et les nuisances, sonores comme olfactives, qu'elle pourrait engendrer. « Je m'engage à ce que la construction ne commence que quand les conclusions de cet audit seront rendues publiques, avant l'été », a-t-il promis.
Depuis des mois, des riverains se mobilisent contre cette usine, dont le principe est de transformer les déchets organiques en compost. Ils redoutent notamment des risques d'explosion des conteneurs de méthane, très inflammable. L'exemple d'une usine montpelliéraine (Hérault) leur fait aussi craindre de mauvaises odeurs et un fort passage de camions. « Les expériences précédentes incitent à la prudence, reconnaît François Dagnaud. Mais les déchets non organiques seront transportés par bateau et non par camion. » La dépollution des sols en vue de la construction doit commencer dès ce printemps.H. C.