«AMatter of Time ». Une question de temps… qui passe. Avec son 6e album en quatorze ans d'existence, le mythique groupe électro, passé par le dub, le hip-hop et le rock pour revenir cette année à une électro festive et ouverte est un monument, une leçon d'éclectisme à la jeune génération. Rencontre avec le MC du Peuple de l'Herbe, Sir Jean.
Après le très rock « Tilt »,
voilà encore un album de rupture.
Oui, c'est un nouveau changement de gouvernement ! On avait envie d'un truc plus ouvert, moins sombre. On n'a plus grand-chose à prouver, mais plein de trucs à dire. On a voulu sortir de l'alarmisme permanent pour laisser la place à des morceaux plus gais et énergiques.
Comment sont venus les instrus très funk vintage de cet album ?
On a tenté des choses en studio, et on est naturellement allés dans cette direction, très dansante, qui correspondait à notre état d'esprit moins prise de tête.
Vous avez pourtant
la réputation d'un groupe militant.
On n'est pas devenus aveugles et sourds à ce qui se passe autour de nous. On encourage toujours les gens à aller voter, parce que c'est notre rôle de citoyen. Mais on met notre énergie ailleurs que dans les revendications du passé.
Comme la légalisation du cannabis ?
On est toujours des amateurs d'herbe mais, avec l'âge, ce n'est plus un cheval de bataille.
Vous avez conscience d'être un monument pour certains groupes ?
Bon, on fait un peu figure de vétéran. Les jeunes groupes nous demandent peu de collaborations finalement. Ils sont peut-être intimidés. Pourtant, on est sympas… pour des vieux !
C'est parce que vous êtes « vieux » que vous rééditez vos deux premiers albums en vinyle ?
Ah, ah, peut-être. C'était pour faire patienter les plus jeunes fans en fait, ceux qui n'achètent plus de CD, mais ont récupéré la platine de leurs parents.