Pas de bibelots ou de tableaux, hier matin, place de l'Etal. A l'emplacement qu'Alexandre Troester occupait habituellement au marché aux puces, des photos et des fleurs déposées par sa famille et ses collègues. Au sol, quarante-deux bougies, en référence à son âge. Le brocanteur est décédé, samedi, lors d'une fusillade entre la police et les braqueurs d'un bureau de change à Charm el-Cheikh, en Egypte. Alors qu'il cherchait de l'argent, le touriste originaire de Wissembourg avait reçu deux balles perdues. « Il était au mauvais endroit au mauvais moment, se résigne à penser Bernard, son papa. Il adorait partir en vacances en Egypte. Il me le disait encore au téléphone trois jours avant. »
Une enquête et une plainte
« Ce drame n'est pas lié à l'Egypte, à des islamistes, pointe Emmanuel, le beau-frère d'Alexandre. Ce n'est pas un attentat, mais un triste coup du sort. » Une mort « fortuite », déplore Bernard Regnauld-Fabre, le consul de France au Caire joint par téléphone. « Les malfaiteurs ne visaient pas les étrangers. D'ailleurs, le bureau de change avait déjà été attaqué il y a trois mois. » Un voleur a été tué dans la fusillade, deux autres blessés. « Le rapport de police est attendu dans un mois », précise le consul. « Nous verrons pour une plainte, mais nous voulons d'abord faire notre deuil », dit Emmanuel. Selon le consul, la dépouille d'Alexandre devrait être rapatriée en Alsace ce week-end. Pascale, son amie qui n'a pas été blessée, est rentrée seule d'Egypte mardi soir, avec le vol qu'ils avaient prévu de prendre ensemble après trois semaines de vacances.