La justice a demandé hier le déblocage du « Corse ». Le tribunal de grande instance a décidé l'intervention d'huissiers, assistés si nécessaires de la force publique, pour évacuer le bateau de la SNCM. Il est occupé depuis le 23 janvier par les marins grévistes de la CGT. Une astreinte de 150 € par heure de retard, à compter de la notification de l'ordonnance a été fixée. La semaine dernière, le tribunal avait déjà déclaré « illicite » l'appel à la grève sur « le Corse ».
Une ligne « déficitaire »
« Des procédures disciplinaires allant de la mise à pied jusqu'au licenciement ont été engagées, indique la direction de la SNCM. Depuis dimanche soir, aucun marin du « Corse » ne s'est déclaré gréviste : la grève est donc terminée, estime-t-elle. La compagnie est résolue à utiliser les voies légales pour faire cesser cette situation afin de permettre au « Corse » d'appareiller et aux personnels de bord d'effectuer leurs missions ». La CGT compte entamer une procédure judiciaire pour « entrave au droit de grève ». Selon le syndicat, la moitié des personnes à bord sont grévistes.
Vendredi dernier, « Le Corse » devait effectuer sa première traversée entre l'île de Beauté et Toulon mais les marins dénoncent la concurrence de Corsica Ferries, compagnie française battant pavillon italien, sur cette ligne « structurellement déficitaire ». Corsica bénéfice d'aides financières lui permettant de proposer des tarifs préférentiels au départ de Nice et Toulon. « Si nous sommes encore en République, on doit nous expliquer comment on peut maintenir les emplois si l'on ouvre cette ligne qui crée de la concurrence «, estime Frédéric Alpozzo, le secrétaire général de la CGT des marins SNCM. La collectivité territoriale de Corse doit se réunir le 20 février après l'annulation de la délégation de service public entre la Corse et le continent par la cour administrative d'appel.
Les professions portuaires ont également exprimé hier leurs inquiétudes face « à la situation critique de l'emploi sur les bassins est ». Selon elles, depuis la réforme portuaire, les bassins ont perdu 9 % de leurs activités au profit des croisières.