Ils sont les liens entre les quartiers difficiles et la police. Depuis plus de deux ans, trois anciens policiers à la retraite vont à la rencontre des habitants de Bagatelle, d'Empalot et du Mirail pour renouer le dialogue. Hier, Frédéric Pechenard, le directeur de la police nationale, a rencontré ces délégués cohésion police population, ainsi que les habitants des quartiers pour tirer un premier bilan.
Des gens accessibles
Et selon Lakhdar Guezzali, président de l'association des Artistes du monde arabe, installée à Bagatelle, « ces gens sont vraiment utiles et accessibles, on a besoin d'eux ». Favoriser la cohésion sociale, remonter les problèmes des commerçants, expliquer comment déposer plainte au commissariat ou dégonfler les rumeurs dans le quartier, les missions des délégués sont multiples. « Il tient une permanence une fois par semaine, participe aux réunions des associations et est joignable à tout moment, en cas de problème, explique Lakhdar Guezzali. Il n'a pas un rôle de flic, donc les jeunes le voient autrement, plutôt comme un interlocuteur à l'écoute de leurs problèmes ».
Entré en 1976 dans la police nationale, Joël Azorin est commandant de police à la retraite, désormais délégué cohésion police population à Bagatelle. Il s'est engagé dans cette mission, considérant à la fin de sa carrière que « les relations police-population étaient devenues catastrophiques ». « Souvent les gens me disent qu'ils ont été mal reçus au commissariat ou qu'ils n'ont pas pu déposer plainte alors je les accompagne là-bas pour faire avancer le dossier, confie cet homme de 60 ans. Les jeunes considèrent souvent la police comme une force d'occupation alors j'essaie d'apaiser le climat en allant dans les collèges, en faisant des activités avec eux ». Actuellement, 54 délégués existent en France. « Nous voulons porter leur nombre à 200 sur le territoire », conclut Frédéric Pechenard. Un quatrième délégué pourrait bientôt être nommé aux Izards.