Alui le tour. Après une « séquence de privatisation des antennes par Hollande et Sarkozy », selon les termes de Marielle de Sarnez, sa directrice de campagne, François Bayrou a dévoilé hier son programme économique (lire encadré). Une façon de rebondir alors que le candidat MoDem stagne autour de 12 % dans les sondages. Se positionnant comme « le candidat de la vérité et de la crédibilité » – il répète qu'il est le seul à avoir alerté du danger de la dette –, il compte se relancer dans les deux semaines à venir en parlant éducation samedi et modèle social la semaine prochaine.
Un socle d'électeurs instable
Il y a urgence. Son électorat est le plus indécis. Selon un sondage Ifop-Fiducial à paraître aujourd'hui, 69 % des personnes qui ont l'intention de voter pour lui déclarent pouvoir « encore changer d'avis ». Un record. « Quand on n'est pas dans le noyau dur d'un camp, c'est une logique structurelle », relativise Marielle de Sarnez, qui refuse d'y reconnaître une faiblesse. « Son électorat a doublé depuis novembre. Et ceux qui viennent de changer d'avis sont moins sûrs de leurs choix », explique Jérôme Sainte-Marie, directeur du département opinion de CSA. Inversement, selon le sondage Ifop/Fiducial, c'est vers François Bayrou que se tourneraient le plus facilement les électeurs de François Hollande (9 %) et de Nicolas Sarkozy (9 %) s'ils changeaient d'avis. Son réservoir d'électeurs reste donc important. « Ce qui manquait, jusqu'à présent, c'était les mesures précises. On était plutôt sur un positionnement », glisse le député Daniel Garrigue, un soutien. Tout reste donc à faire.
Pour atteindre l'équilibre des finances en 2016, il propose un « coup de rabot » sur les niches fiscales, un point de TVA en plus et deux nouvelles tranches d'impôt sur le revenu.