A 11 ans, Manon est une écolière comme les autres. Fan de Christophe Maé et de Michael Jackson, elle « aime bien » la voile et ses copines, «surtout Amandine ». En classe de CM2, la petite Cagnoise a pourtant besoin d'une attention toute particulière. Il y a trois ans, Manon a été diagnostiquée dyspraxique, un handicap peu connu qui altère ses facultés de concentration. « Elle ne peut faire qu'une chose à la fois, écrire ou penser. Une journée d'école lui demande donc deux fois plus d'énergie », explique Marie-Jeanne, sa maman. Une pathologie qui pénalise ses résultats scolaires. « A cause de la dyspraxie, Manon écrit comme un enfant de CP. Ses exercices, même s'ils sont souvent justes, ne peuvent pas être décryptés par le professeur », explique sa mère.
Outre une assistante de vie scolaire (AVS) qui l'aide à la prise de note 16 heures par semaine, la pré-ado bénéficie de l'encadrement du Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). « Mme Moyen me fait retravailler mes leçons de français, de math. Elle m'aide aussi à mieux prononcer les syllabes », explique Manon. « Une rééducatrice lui permet de parler de ses angoisses, de ses phobies : la peur du vide, de la séparation... Un soutien essentiel à son développement », ajoute Marie-Jeanne. Hier à Nice, c'est avec « inquiétude » que cette maman a pris part au rassemblement du collectif Rased 06 devant l'Inspection académique. Dans les Alpes-Maritimes, ce réseau d'aide est en effet concerné par un nombre important de suppressions de postes à la rentrée prochaine (lire ci-dessous). « C'est pour l'avenir de Manon que je me mobilise », confie sa mère. L'année prochaine, la jeune fille devra passer un cap : celui de la sixième. A Cagnes-sur-Mer, elle a choisi d'intégrer une Section d'enseignement général et professionnel adaptée (Segpa)... et espère bien avoir les moyens de réaliser son rêve : « devenir cuisinière ».