Il s'attendait à « pire que ça. » Pierre est gérant d'un tabac-presse, sur le cours Berriat. « Je n'ai eu aucun problème en arrivant ce matin, à 6 h 30, explique le buraliste. Normalement, c'est à nous, commerçants, qu'incombe le déneigement de notre trottoir, mais là, je n'ai rien eu à faire, les services de la ville avaient dû saler dans la nuit. » Intervenus dès 3 h du matin mardi, une centaine d'agents municipaux ont en effet déneigé les rues grenobloises. Au total, il a fallu une quarantaine de machines (saleuses, saumureuses, tracteurs…), 72,5 tonnes de sel et 50 000 litres de saumure.
Jusqu'à -10 ou -12oC ce week-end
Ce travail, couplé à une neige peu collante, a donc rendu les perturbations minimes à Grenoble. En plaine, en revanche, ce n'était pas la même histoire. « Mes journaux ont été livrés par les transporteurs, même si le facteur n'est pas passé, précise ainsi Pierre, mais mes parents ont mis deux heures à faire le trajet entre Valence et Grenoble ce matin. La plupart des camions étaient bloqués sur la voie de droite, sur l'autoroute. » Des difficultés qui pourraient se répéter dans les jours à venir selon Remy Grand, prévisionniste à Météo France : « La neige devrait s'arrêter, mais il va geler dans la nuit de mardi à mercredi, d'où des risques de verglas. Ensuite, le froid va s'accentuer à partir de jeudi et vendredi, avec des températures de -7 à -9 °C. Il fera même jusqu'à -10 ou -12 °C en plaine ce week-end. » Les frileux devront prendre leur mal en patience : « Aucun redoux n'est annoncé. »
La préfecture a confirmé hier le déclenchement du niveau 2 (grand froid) du plan hivernal. Un passage anticipé depuis vendredi avec l'ouverture de 60 places d'hébergement d'urgence à Domène, en renfort des 250 places déjà prévues.