énéralement discrets, les montagnards ont décidé de se faire entendre : une Coordination Montagne vient d'être officiellement créée à la Maison… de la montagne de Grenoble. Elle regroupe les associations d'adeptes des sports en milieu naturel d'altitude, amateurs ou professionnels : la fédération des clubs alpins, celles d'escalade et de randonnée pédestre, les syndicats des guides et des gardiens de refuge, l'association de centres de ski de fond… Une première, dans ce milieu où chacun reste généralement sur son pré carré !
« Grenoble a proposé spontanément ses locaux pour accueillir la coordination, explique Niels Martin, recruté comme responsable, mais il s'agit d'en faire une affaire nationale : très rapidement, des antennes vont être créées à Chamonix et dans les Pyrénées ».
Trop de concurrence
C'est que l'heure est grave : « Ces pratiques sont fragilisées par la multiplication des aménagements en montagne, elles sont restreintes par des préoccupations environnementales et sécuritaires radicales, affirment les fondateurs. Elles sont aussi marginalisées face à la grande diversification des activités sportives et de loisirs, notamment chez les jeunes ». En clair : trop de concurrence, trop de peurs… et plus assez de « liberté, d'engagement, de responsabilité, d'autonomie, d'esprit de cordée et de solidarité ». Tel est le constat dressé lors d'assises au printemps dernier à Grenoble et Chamonix, puis dans le Manifeste publié peu après.
La coordination planchera sur six sujets : l'ouverture aux jeunes des activités de montagne (les scolaires et ceux qui en sont éloignés culturellement), l'hébergement, l'accès aux espaces de pratique (protection, balisage, restrictions…), la promotion et la communication, l'harmonisation des formations et l'accidentologie.
Déjà, d'autres acteurs demandent à participer à la coordination : parcs naturels, associations nationales…
« L'esprit de cordée » vivra !
Parallèlement à la création de la Coordination Montagne, la région Rhône-Alpes lance une démarche de réflexion avec des jeunes volontaires, sur le développement de la montagne d'ici à 2040. Tout au long de 2012, des rencontres vont être organisées sur l'accessibilité, la construction d‘un projet de vie en montagne, l'écologie ou encore l'énergie.