Ils étaient bien serrés, hier, sur la photo de rentrée. 213 candidats ont été admis à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux en 2012, contre 138 en 2 011. Une augmentation conséquente qui s'explique notamment par de nombreux départs en retraite anticipée. Cette tendance va s'accentuer l'année prochaine puisque le ministre de la Justice Michel Mercier, présent, hier à Bordeaux pour la rentrée de cette promotion, parle d'un objectif de 330 auditeurs de justice à recruter en 2 013.
« 80 % de femmes »
La réforme des hospitalisations sans consentement et celle sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice expliquent ce recrutement massif. On compte plus de 80 % de femmes parmi ces futurs magistrats. « J'espère que les hommes auront aussi à cœur de venir », pointe le garde des Sceaux. Il faut préciser que les femmes ne réussissent pas mieux le concours, mais sont plus nombreuses à s'y présenter. « On va former aussi plus de 8 000 greffiers, soit plus d'un greffier par magistrat », a précisé le ministre. « Le plan de charge augmente mais les moyens sont réduits comme pour tous les services de l'État », a observé Jean-François Thony, directeur de l'ENM. Cependant, le budget alloué pour faire face à cette augmentation des effectifs n'est pas encore connu. « Il va falloir pousser les murs », plaisante une enseignante. Le ministère lance une campagne de communication visant à susciter des vocations pour ces métiers de la magistrature. Les rangs ne sont pas prêts de désemplir.
Seule école de formation des magistrats de l'ordre judiciaire, l'ENM, située à Bordeaux, est un établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du garde des Sceaux. La formation dure 31 mois et se compose à 70 % de stages. Il existe des classes préparatoires de l'ENM, affichant un fort taux de réussite.