« L.A. Woman », une porte vers le mythe

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Publié le 31 janvier 2012.

the end Ray Manzarek raconte comment les Doors ont travaillé à leur dernier album, réédité

Et si les groupes de rock savaient inconsciemment qu'ils travaillaient à leur dernier album avant dissolution ? L.A. Woman, sixième et ultime disque des Doors, aujourd'hui réédité, a été conçu fin 1970 dans une atmosphère fébrile, alors que la santé de son chanteur charismatique, Jim Morrison, déclinait. Le claviériste Ray Manzarek se souvient : « Jim était de bonne humeur, mais terriblement affaibli. Il avait perdu beaucoup de chi. » Le chi, cette énergie vitale égarée dans « des excès, une vie rock'n'roll, comme Steven Tyler », leader du groupe Aerosmith. « Malgré sa santé, il avait toujours une superbe voix et écrivait toujours très bien », insiste Ray Manzarek.

« Un coup de pied au cul »
Cette urgence se traduit aussi par un son live. Une des raisons ? Leur producteur Paul A. Rothchild ne veut plus couvrir leurs arrières et les abandonne : « Il trouvait qu'on était fatigués et qu'on jouait mal. » C'était une feinte. « Paul m'a confié plus tard : “Vous aviez besoin d'un coup de pied au cul, et c'est le seul moyen que j'avais trouvé pour vous faire prendre le taureau par les cornes.” » Les Doors emménagent dans leur propre studio de répétition sis au 8512 Santa Monica Boulevard à Los Angeles. « De notre maison de disques, Elektra Records, située sur La Cienega Boulevard, on a traversé la rue pour transporter tout notre matériel. On a amené notre piano Yamaha sur des roulettes. »
S'ensuivent dix jours d'enregistrement pour un album aux sonorités blues. « On était tous fans de blues. Après Soft Parade, il était temps de revenir à nos racines. » Quarante ans après, la réédition de L.A. Woman est pour Ray Manzarek « un hommage à notre pote et grand poète Jim Morrison », décédé en 1971 et adulé par plusieurs générations. Pourquoi tant de ferveur ? Ray : « Deux mille ans après sa mort, comment vous expliquez le culte de Jésus-Christ ? »

Joël Métreau
morceau inédit

La réédition comporte en supplément neuf morceaux, la plupart des versions démo de L.A. Woman où on entend le groupe converser. « She Smells So Nice », une chanson inédite, y figure également. « Personne ne se rappelait l'avoir enregistrée. C'était comme retrouver un trésor enfoui dans les sables de l'Egypte ancienne », déclare Ray Manzarek. Le filon est-il tari ? « Peut-être, sourit le musicien. Je ne vais pas vous le dire. D'autres choses pourraient être exhumées plus tard. »

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