Sur le quai de la gare de Strasbourg, ils étaient peu nombreux hier à savoir que l'interdiction de fumer dans les lieux publics date du 1er février 2007. Depuis cinq ans, les fumeurs, pris la cigarette à la bouche, s'exposent à une amende forfaitaire de 68 €. « J'ai appris la nouvelle il y a un mois. Mais ça ne m'a pas incité à arrêter. De toute façon, personne ne m'a jamais contrôlé », confie Damien, 22 ans.
Des appels toutes les 30 minutes
Selon une étude nationale de l'association Droits des non-fumeurs, 44 % des voyageurs avouent avoir été en contact avec le tabac ces six derniers mois. A Strasbourg, le nombre de mégots jetés sur les rails témoigne d'une pratique qui n'a pas disparu. « On ne fait rien de mal, on est à l'air libre, témoigne Constance, 17 ans. C'est normal de ne pas fumer dans le bâtiment. Mais dehors, la fumée ne gêne personne. » Sur la voie n° 7, Fouhed attend le 12 h 51 à destination de Bâle. Il fume, mais comprend la loi et respecte les non-fumeurs. « Si ma cigarette dérange, j'irai ailleurs », dit-il. A côté de lui, le docteur Jean-Michel Sager, spécialisé en tabacologie, attend lui aussi son train. Son discours est tout autre : « Cette loi aurait dû être prise avant. Il y a des risques pour les non-fumeurs. La répression devrait être plus sévère », estime-t-il. A la SNCF, on explique que l'interdiction est bien appliquée à l'intérieur de la gare : « Sur les quais, c'est de la responsabilité de chacun. On ne peut pas mettre un policier derrière chaque usager. » Au micro, des appels informent les voyageurs de l'interdiction de fumer toutes les 30 minutes.