Un jeune de 17 ans sur dix trinque tous les trois jours dans la région. C'est ce qui ressort du questionnaire de la journée défense et citoyenneté, dont l'analyse a été publiée récemment. Un chiffre qui désole le patron de la prévention à la préfecture, Frantz Denat. « Dans le département, on a clairement un problème avec l'alcool. » Quatrième région de France sur la consommation d'alcool des mineurs, le Languedoc-Roussillon battrait également « tous les records d'hyperconsommation », autrement dit le fait de boire beaucoup dans une durée très brève. « Le plus préoccupant, ce sont les fêtes de la musique, l'apéro Facebook, les Fanfares, le 14 juillet et toutes les fêtes votives en zones rurales où les boissons anisées coulent à flot. Là, les jeunes s'alcoolisent 10 jours de suite », explique Frantz Denat. Sous son impulsion, les communes de Castries, Villeneuve, Baillargues et Mauguio se sont engagées en 2007 à faire « un break de bal au cours des festivités » et proposent un stand pour « dessaouler avant de prendre la route ».
Ethylotests
A Montpellier, le problème se concentre sur des manifestations commerciales comme les Estivales, où la promotion du vin prend le pas sur la prévention. « On ne peut rien faire, cela incombe exclusivement aux organisateurs. » Certes la mairie a décidé de la distribution d'éthylotests. Mais c'était lors de la 7e édition, après qu'une étudiante ivre a tué un piéton. « Les éthylotests ? C'est symbolique et en aucun cas cela ne s'appelle de la prévention », s'exaspère Frantz Denat. Sollicitée, la mairie de Montpellier n'a pas souhaité réagir. Le chargé de mission à la préfecture s'insurge encore de l'incohérence des politiques sur la prévention : « Comment peut-on réussir quand un ministre impose la distribution d'éthylotests en boîte de nuit tandis qu'un autre autorise leur ouverture jusqu'à 7 h du matin ? »
Aggravée par la consommation prématurée d'alcool, la mortalité précoce a bondi dans la région entre 2003 et 2007, (10,3 % chez les hommes et 14,3 % chez les femmes)