Pascal Basilio, chauffeur RATP le jour, chanteur de rap la nuit

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Publié le 29 janvier 2012.

SARCELLES (Val d'Oise) - Sa chanson "368° extérieur", inspirée de sa ligne de bus de Sarcelles, fait un tabac depuis début janvier sur internet. Pascal Basilio, chauffeur RATP, a mis à profit sa passion du hip-hop pour rendre hommage à son travail et à sa ville, dans un album aux teintes cosmopolites.

"La ligne 368 est emblématique de Sarcelles", raconte ce père de famille de 37 ans, natif de cette commune populaire du Val-d'Oise. "Elle a la particularité de tourner en rond, un peu comme une boucle de rap, sans jamais sortir de la ville", s'amuse-t-il.

Entré à la RATP en 2001, Pascal Basilio, crâne rasé et barbichette taillée au millimètre, parcourt depuis plus de dix ans ce trajet atypique, au volant de son bus. Dix années qui valaient bien, selon lui, un "clin d'oeil musical" aux aléas de son métier.

"Mon objectif, c'était de rendre compte de la vie quotidienne à Sarcelles, avec ses mauvais côtés, commes les incivilités, le trafic de drogue ou les embouteillages, mais aussi les aspects positifs, comme le métissage et la solidarité", raconte ce fan de boxe et de basket, tatoué aux deux épaules.

"Ici, toutes les communautés vivent et grandissent ensemble: les noirs, les juifs, les arabes, les hindous... Au volant de mon bus, j'ai l'impression de parcourir le monde entier", sourit le rappeur d'origine italienne, qui propose, dans sa chanson, une "visite guidée" des différents quartiers de la ville.

Le concept, bon enfant et décalé, a trouvé son public. Mis en ligne sur internet début janvier, le clip sur la ligne "368", issu d'un CD cinq titres, a été visionné près de 30.000 fois sur YouTube. De quoi susciter l'enthousiasme du chanteur et de ses fans, de plus en plus nombreux dans les rues de Sarcelles.

"Véhiculer des messages positifs"

"Tout va très vite. On a d'ores et déjà des dates de concert, au printemps et à l'automne", souffle Basilio. Un succès au goût de revanche pour cet ancien rappeur du collectif sarcellois ODS, qui avait mis entre parenthèses ses projets musicaux au milieu des années 1990.

"A l'époque, on avait failli sortir un CD, mais ça n'avait pas marché. Ca m'avait un peu dégoûté", se souvient ce passionné de culture américaine, qui assure concilier "sans problème" son travail de chauffeur et ses projets musicaux, "malgré des répétitions parfois tardives".

L'album complet est lui prévu pour le mois de mai. "Il s'appellera +Retour aux sons+", annonce le rappeur, qui s'est associé pour ce travail à Michel Taitinger, ingénieur son et coproducteur, ainsi qu'à un ami d'adolescence, Patrick Perran, compositeur, guitariste et... conducteur de RER à la SNCF.

Musique cubaine, zouk antillais, ndombolo zaïrois... "+Retour aux sons+ sera un album cosmopolite", promet cet amoureux de blues et de gospel, qui a enregistré des chants en lingala (langue parlée en République démocratique du Congo, ndlr) qu'il a apprise auprès de la communauté zaïroise de Sarcelles, sur l'un des titres du CD.

"La majeure partie de nos morceaux sont joués avec de vrais musiciens, pas avec des boîtes à rythme. Nous avons voulu revenir aux sources musicales du rap", ajoute le chanteur, qui dit "ne pas se retrouver" dans "l'évolution actuelle du hip-hop".

"Pour les jeunes, aujourd'hui, le rap, c'est les insultes", dénonce Basilio. "A la base, bien sûr, le hip-hop est une musique revendicative. Mais c'est un genre qui sait aussi véhiculer des messages positifs, à commencer par le respect", martèle-t-il. A bord de la ligne "368", le message est passé.

  1. Vidéo clip de Basilio, pour sont titre "368° extérieur"

© 2012 AFP
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