Prothèses PIP: «Désormais, nous avons un adversaire désigné»

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Publié le 26 janvier 2012.

JUSTICE - Murielle Ajello, présidente d'une association de victimes de prothèses PIP, a été reçue ce jeudi matin par la juge d'instruction de Marseille...

Murielle Ajello, présidente du Mouvement de défense des femmes porteuses d'implants et de prothèses, a été reçue à 9h30 ce jeudi matin par la juge d’instruction Annaïck Le Goff du pôle santé de Marseille. Au même moment, les gendarmes interpellaient Jean-Claude Mas, fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, et procédaient à une perquisition.

Jean-Claude Mas est en garde à vue. C’est une première victoire?

Nous l’attendions depuis longtemps. Cela montre que la justice avance. Désormais, nous avons un adversaire désigné. Les victimes vont faire reconnaître leurs droits beaucoup plus facilement. La garde à vue de Jean-Claude Mas était au coeur de la discussion. Mais je ne sais pas si les gendarmes recherchaient précisément quelque chose lors de la perquisition à son domicile ou s’ils ont récupéré tous les éléments susceptibles d’être utiles à l’enquête.

Désormais, quelles sont les chances pour les victimes d’être indemnisées?

Il y a deux procédures en cours. La première pour fraude. Elle concerne toutes les personnes qui ont eu recours aux prothèses PIP et qui subissent les conséquences de cette fraude, à savoir l’explantation. Potentiellement, cela représente 30 à 40.000 personnes en France. Nous avons reçu pour l’heure 2.500 plaintes qui rentrent dans le cadre de cette procédure. L’enquête est close et nous attendons une date de procès, espérons d’ici à la fin de l’année. La seconde procédure, pour coups et blessures, concerne les femmes porteuses d’implants PIP qui ont eu des conséquences pathologiques, soit 30 à 40% des plaintes que nous recevons. Prothèses qui fuient, problèmes de silicone, sel dans l’organisme... Les divers degrés de victimes de PIP sont à l’appréciation du juge d’instruction. La question est de savoir qui est éligible ou non à quelle plainte. Mais dans tous les cas, elle nous a garanti que la prise en compte du préjudice sera effective.

A l’étranger, 400 à 500.000 femmes pourraient être concernées. Pourront-elles être associées à ces procédures?

Bien entendu. Nous sommes en relation avec les médias à l’étranger où nous tenons informés les porteuses. Elles doivent télécharger, remplir et nous renvoyer des formulaires de plaintes. Nous continuerons de collaborer avec la juge d’instruction. Nous devons nous voir pour faire le point une fois par trimestre.

Propos recueillis par William Molinié
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