Varces rend hommage à ses soldats

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Publié le 26 janvier 2012.

Armée Nicolas Sarkozy était présent hier aux obsèques des quatre militaires tués en Afghanistan

L'émotion était présente sur tous les visages, hier, au quartier militaire de Varces, lors de la cérémonie funèbre organisée en l'honneur des quatre soldats tués vendredi dernier en Afghanistan. Trois d'entre eux - le brigadier-chef Geoffrey Baumela et les adjudants-chefs Fabrice Willm et Denis Estin - appartenaient au 93e Régiment d'artillerie de montagne (RAM), basé dans la commune iséroise. Près de 300 personnes, venues de Varces et de l'agglomération grenobloise, ont donc rendu un dernier hommage à ceux qu'elles considèrent comme des « enfants du pays ». « Mes enfants ont des camarades de classe dont le père est encore en Afghanistan, précise ainsi Cécile. Pour eux, c'est difficile psychologiquement et je tenais à ce que mes deux fils soient là, aux côtés de leurs copains. » Sur les 1 500 militaires de la base, une centaine est en effet toujours en Afghanistan.
Présent aux obsèques, en compagnie de Gérard Longuet, Nicolas Sarkozy a salué les familles des victimes et passé en revue les troupes du 93e RAM, avant de prononcer un éloge funèbre devant les cercueils des quatre soldats, portés par leurs camarades. « Je veux porter ici le témoignage de la reconnaissance que les Français et nos alliés portent à votre sacrifice, a notamment déclaré le président de la République. Ne nous trompons pas de colère, ne nous laissons pas aveugler par la douleur, si vive soit-elle. L'ennemi, c'est le terrorisme qui a voulu frapper l'idée même de liberté. » Dans un silence très lourd, le chef de l'Etat a ensuite décoré de la Légion d'honneur, à titre posthume, les quatre militaires, puis s'est entretenu à huis clos avec leurs familles. « Une cérémonie très émouvante, selon Hugues, venu spécialement de Grenoble avec sa femme. Étant disponibles, nous n'avons pas hésité à assister aux funérailles. Je trouve ça normal : ces soldats sont quand même morts pour combattre le terrorisme et pour que l'on puisse vivre en sécurité ici, en France. » Un avis visiblement pas partagé par tout le monde. Croisé le matin dans les rues de Varces, Yvon ne comptait pas participer à ce qu'il nomme « une mascarade. Je ne dis pas ça pour les soldats et leurs familles, pour qui j'ai du respect. Mais je trouve ça indécent, ces politiciens qui viennent pleurer, alors qu'ils envoient nos jeunes servir de chair à canon dans une guerre injuste et inutile. »

Manuel Pavard
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