Le grand port maritime de Marseille (GPMM) veut voir ses ambitions prendre forme. Fort d'une année 2011 qui a vu son trafic augmenter de 3 %, le port compte poursuivre son redressement en misant notamment sur la réparation et la maintenance des bateaux de croisière. « C'est un marché très important car la Méditerranée concentre plus de 60 % de la flotte mondiale de ce type de navire, explique Jean-Claude Terrier, directeur général du GPMM. Et les sites de réparation se trouvent dans le nord de l'Europe, ce qui implique des déroutements et des immobilisations plus longues. »
Pas d'effets « Costa Concordia »
Et pour concrétiser ses ambitions, le GPMM compte s'appuyer sur la Forme 10. Un site, mis en service en 1975 pour accueillir les pétroliers géants, qui n'a jamais fonctionné à plein régime en raison du choc pétrolier, mais qui retrouve aujourd'hui une forte attractivité grâce à ses dimensions hors-norme : 465 m de long pour 85 m de large. Car avec la mise en service de plusieurs paquebots de 330 m de long entre 2014 et 2015, qui marque un phénomène d'allongement des navires, la Forme 10 devient le seul site capable de les accueillir en Méditerranée occidentale. Du coup, le GPMM est entré en négociation exclusive avec un groupement composé des n° 2 et n° 4 mondiaux de la construction navale (STX France et Mariotti), de la société génoise San Giorgio et de la CNM pour son exploitation. La signature d'un contrat pourrait intervenir d'ici à mars pour une mise en service fin 2014 moyennant des travaux estimés à 12 millions d'euros. Quand aux éventuels effets néfastes sur ce marché liés au drame du « Costa Concordia », Patrick Draher se montre plutôt confiant. « Ça ne remettra pas en cause la taille des bateaux dans l'avenir car la croisière est devenue un produit de consommation de masse », tranche le président du conseil de surveillance.
Le GPMM craint que le vote de la loi pénalisant le négationnisme du génocide arménien impacte les échanges avec la Turquie qui est le 5e client du port.