La cohabitation agriculture-nature bat de l'aile. Les syndicats agricoles FDSEA et Jeunes Agriculteurs, appellent leurs adhérents à manifester ce matin sur la Grand-place d'Arras et devant la préfecture du Pas-de-Calais pour protester contre les dégâts que leur cause la faune sauvage. Principal accusé : le lapin de garenne, coupable de détruire les cultures. « Sur certains territoires, des exploitations sont en situation de péril. Les assurances refusent d'assurer le risque », alerte Pascal Dumoutier, de la FDSEA.
Le renard pointé du doigt
Le constat est partagé par le conservatoire des espaces naturels. Notamment, sur les zones côtières riches de coteaux calcaires où l'espèce peut nicher sans peine. « On travaille avec le monde de la chasse pour contrôler cette population qui explose », souligne Vincent Santune, directeur du conservatoire. Mais le lapin n'est pas le seul nuisible dans la ligne de mire : corbeaux, pigeons ramiers et même le renard provoquent le courroux des agriculteurs. « Les renards s'autorisent à loger dans les fermes et à s'y reproduire désormais, peste Pascal Dumortier. Ils véhiculent des maladies qui tuent le bétail. » Fantasme ou réalité ? « C'est un animal qu'on accuse systématiquement de tous les maux », regrette le directeur du conservatoire. Une étude est actuellement menée par le groupement de défense sanitaire du bétail sur des échantillons sanguins de renard pour savoir si certaines maladies sont effectivement dues au renard. « On ne demande pas l'extinction de ces espèces, mais leur régulation par la chasse », pointe la FDSEA. Avant de sortir le fusil, une réunion est prévue le 3 février avec la direction des territoires et la FDSEA pour mettre les problèmes sur la table. Or, certains agriculteurs se sont déjà tournés vers la justice pour demander réparation. Contactée, la préfecture n'a pas donné suite.
La biodiversité dans les réserves naturelles permet de réguler les espèces. « Ces réserves ne sont pas responsables de la prolifération », note le conseil régional. Elles représentent 1 500 hectares contre 820 000 pour les surfaces agricoles.